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Droits d'utilisation UGC : 5 clauses et l'expiration
Nils Escurat
21 août 2026 · 7 minute de lecute

Ce qu'une marque obtient sur une vidéo UGC, les 5 clauses à figer, le prix d'achat des droits, et l'expiration que presque personne ne gère.
Article informatif, il ne remplace pas un conseil juridique adapté à votre situation.
Les droits d'utilisation UGC sont le sujet sur lequel les marques improvisent le plus. On paie une vidéo, on la met en ligne, et personne ne se demande ce qui a été acheté au juste. Puis une créatrice découvre sa vidéo dans une campagne Meta huit mois après la livraison, et vous recevez une mise en demeure.
Voici ce qu'une marque détient vraiment sur une vidéo qu'elle n'a pas tournée, les cinq clauses à écrire, le prix des droits, et ce qui se passe à l'expiration.
Ce que vous n'obtenez jamais par défaut
Une vidéo UGC est en principe une œuvre, dès lors qu'elle porte l'empreinte de son autrice, et c'est le cas de l'écrasante majorité des contenus livrés. Le paiement ne transfère rien automatiquement. Sans écrit, vous n'avez rien à opposer à la créatrice.
Deux régimes se superposent, et c'est ce qui déroute les équipes marketing. Les droits patrimoniaux portent sur la vidéo, cadrage, montage et voix off compris : ce sont eux qui autorisent la reproduction du fichier et sa représentation au public. Le droit à l'image porte sur la personne filmée. Il est distinct, et si la créatrice apparaît à l'écran il vous faut son autorisation en plus.
Troisième piège, le plus fréquent : un repost ne vaut pas cession. Une créatrice qui vous tague ou vous envoie son fichier en message privé n'a rien cédé, elle a consenti à un partage social ponctuel. Réutiliser ce contenu sur une fiche produit ou dans une publicité sort du cadre. Même logique pour les photos reçues pendant un jeu concours Instagram : participer n'autorise pas la marque à les reprendre.
Les 5 clauses à figer par écrit
Un accord d'utilisation tient en une page et doit trancher cinq questions.
- Les supports. Réseaux organiques, site e-commerce, fiches produit, newsletters, publicité payante, affichage en magasin. Listez-les un par un. Ce qui n'est pas listé n'est pas autorisé.
- Le territoire. France, Europe, monde. Vous ouvrez un site en Allemagne six mois plus tard, et toute votre bibliothèque est bloquée sur la France.
- La durée. Trois mois, un an, ou toute la durée des droits. C'est la clause qui fait le plus bouger la facture. On a détaillé les fourchettes dans combien coûte une vidéo UGC.
- Le droit de modification. Recadrer en 9:16, sous-titrer, ajouter votre logo. Sans cette clause, chaque retouche est une adaptation non autorisée. Le droit moral de l'autrice sur le respect de son œuvre reste attaché à sa personne, quoi qu'on écrive dans l'accord.
- L'exclusivité. Décidez si la créatrice peut tourner pour un concurrent pendant la durée, et sur quelle catégorie de produits. Une exclusivité large se paie. Sans clause, la même vidéo peut sortir chez un concurrent trois semaines plus tard.
Le modèle tient en cinq lignes, à recopier tel quel dans vos accords :
- Supports autorisés : ...
- Territoire : ...
- Durée : ... (date de fin comprise)
- Modification autorisée : oui / non
- Exclusivité : catégorie et durée, ou aucune
Notre conseil : écrivez ces cinq lignes une fois et gardez le même texte partout. Vous ne négociez plus que la durée et la publicité payante. Ce modèle type reste à valider avec votre conseil. Un accord standard que tout le monde comprend vaut mieux qu'un contrat de douze pages que personne ne lit. Ces cinq clauses trouvent naturellement leur place dans votre brief UGC, à la section dédiée aux droits d'utilisation, et elles supposent d'avoir déjà cadré ce qu'est un contenu UGC avant de le tourner.
Sur Kayba, la plateforme tout-en-un d'activation des prescripteurs de marque, la collecte d'UGC se fait avec un consentement cadré, et chaque publication est rattachée à l'accord qui l'autorise. La publicité payante y reste un accord dédié.
Cession ou licence : le faux débat
Les cabinets opposent volontiers la cession, qui transfère les droits patrimoniaux, à la licence, qui autorise des usages définis. En pratique, la licence couvre l'immense majorité des besoins d'une marque beauté ou mode.
La cession pleine coûte plus cher, se négocie plus mal, et ne vous apporte rien de plus. Gardez-la pour les contenus qui vont durer, une campagne signature par exemple.
La publicité payante mérite un accord dédié
C'est la ligne que les marques franchissent le plus souvent sans s'en rendre compte. Passer une vidéo en publicité, depuis votre compte ou celui de la créatrice, change tout. Le contenu devient une publicité, et vous achetez de la portée.
Traitez la publicité payante comme une autorisation séparée, jamais comme une option incluse dans « réseaux sociaux ». Les plateformes UGC facturent cet usage en plus du prix de la vidéo, et le supplément grimpe avec la durée. Le détail plus bas.
Si vous passez par une publicité de partenariat, il faut en plus le code d'autorisation de la créatrice côté Meta. Elle peut le retirer quand elle veut. L'accord écrit est votre seule protection si la relation se dégrade.
Achat de droits UGC : ce que coûtent l'acquisition et la prolongation
Quatre variables font le prix des droits : la durée, les supports, le territoire et l'exclusivité. Les droits se facturent en pourcentage du tarif de la vidéo, qui ne paie que le tournage.
Les grilles des agences et des plateformes UGC françaises donnent à peu près les mêmes ordres de grandeur en cette rentrée 2026. L'usage publicitaire se facture en majoration du tarif de création, 30 à 50 % pour trois mois, 50 à 100 % pour douze mois, et jusqu'à 200 % à vingt-quatre mois. Chaque territoire en plus coûte de l'ordre de 10 à 20 %. L'exclusivité, la plus chère, va de 75 à 200 % selon la largeur de la catégorie.
Une des grilles publiées donne cet exemple : une vidéo facturée 200 euros en organique passe à 260-300 euros avec trois mois de publicité, 350-400 euros sur douze mois. Repères de négociation, pas un barème.
Ces majorations se cumulent. Une vidéo en publicité, douze mois, monde, avec exclusivité, coûte plusieurs fois son prix affiché. Et la prolongation se négocie en position de faiblesse, quand la vidéo tourne déjà dans un ensemble publicitaire qui marche. Faites chiffrer le renouvellement dans l'accord initial, quand personne ne sait encore si la vidéo marchera. Le cadre général est posé dans notre guide de l'UGC pour les marques.
L'angle mort : que faire à l'expiration
Une licence d'un an signée en mars 2026 expire en mars 2027. Cette date, on ne la rate pas par oubli. On la rate parce que la vidéo s'est installée quelque part : une fiche produit, une story à la une, un ensemble publicitaire que personne n'a rouvert depuis six mois.
Une marque avec quarante contenus livrés sur une année a quarante dates d'expiration différentes. Aucune équipe marketing que j'ai vue ne tient ce fichier à la main plus de deux trimestres. D'où la liste de retrait qui suit, support par support.
- Fiches produit. Retirez la vidéo du bloc, vérifiez ce qui reste en cache, et pensez aux fiches dupliquées chez vos revendeurs. Notre mode d'emploi UGC sur Shopify détaille comment gérer cette rotation au quotidien.
- Publicité payante. Mettez l'ensemble publicitaire en pause avant la date, jamais après. Une campagne dont les droits ont expiré continue de dépenser, et c'est le plus cher à rattraper.
- Réseaux organiques. Le post d'origine reste chez la créatrice. On oublie toujours les stories à la une et les Reels épinglés.
- Bibliothèque interne. Marquez le fichier comme non réutilisable. Sinon il ressort dans six mois pour une newsletter.
Une fois la vidéo retirée, gardez l'accord et la preuve d'acceptation plutôt que le fichier.
Transparence commerciale : l'autre obligation
Les droits ne sont que la moitié du sujet. Dès qu'il existe une contrepartie, produit offert compris, la publication relève de la collaboration commerciale et doit être identifiée comme telle. La loi de 2023 sur l'influence commerciale, mise à jour fin 2024, exige une mention du type « publicité » ou « collaboration commerciale », claire, lisible et compréhensible, sur tout support utilisé. Sans elle, la publication peut être qualifiée de pratique commerciale trompeuse.
Cela vaut pour le gifting, y compris quand la créatrice n'est pas rémunérée en argent. Si la relation dure, ces créatrices deviennent des ambassadrices, et il faut trancher la contrepartie : on l'a traitée dans comment rémunérer ses ambassadrices, en commission ou en gifting. Un cadre de droits homogène pour tout le monde, plutôt qu'un accord renégocié à chaque vidéo, c'est d'ailleurs un avantage peu cité de créer un programme d'ambassadeurs pour une marque beauté.
Questions fréquentes
La marque devient-elle propriétaire des vidéos qu'elle paie ? En l'absence de cession écrite et précise, non. Vous achetez un droit d'usage délimité par les supports, le territoire et la durée inscrits dans l'accord, et la créatrice reste l'autrice de sa vidéo.
Combien coûte le rachat de droits d'une vidéo UGC ? Il se calcule en pourcentage du tarif de la vidéo. Les grilles des agences françaises placent la majoration pour usage publicitaire à 30-50 % sur trois mois et 50-100 % sur douze mois, avec 10 à 20 % par territoire ajouté et 75 à 200 % pour l'exclusivité. Demandez le prix de la prolongation dès le premier accord, c'est le seul moment où vous négociez sans pression.
Faut-il une autorisation de droit à l'image en plus du contrat UGC ? Oui dès que la créatrice apparaît à l'écran, et c'est presque toujours le cas en beauté. Le droit à l'image est distinct des droits d'auteur : céder les seconds ne règle pas le premier. Par prudence, faites-y figurer les mêmes limites que dans l'accord de droits.
Voir comment Kayba organise vos contenus UGC et les accords qui vont avec
Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un conseil juridique sur votre situation.
