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Marge brute : quels coûts inclure en e-commerce
Nils Escurat
20 octobre 2026 · 7 minute de lecute

La formule de la marge brute tient sur une ligne. Ce qui se discute, c'est la base de coûts d'une marque qui fait fabriquer ses produits.
Marge brute : quels coûts inclure en e-commerce
Deux marques qui vendent le même sérum à 42 € hors taxes peuvent afficher 65,5 % ou 55,5 % de taux de marge brute selon ce qu'elles comptent, sans qu'aucune des deux ne triche. Dix points d'écart, et les deux calculs sont dans cet article.
La formule tient sur une ligne, et décider des coûts qu'on met dedans peut occuper une réunion entière. Les guides comptables qu'on trouve en premier sur Google donnent tous la formule du commerce de détail, prix de vente moins prix d'achat. Quand vous faites fabriquer, ce prix d'achat n'existe pas. À la place vous avez une formule facturée par un labo, du packaging, un remplissage et du transport, et il faut décider ce que vous additionnez.
Ce qui suit relève du pilotage. Si votre choix de périmètre a un effet sur vos comptes annuels, validez-le avec votre expert-comptable.
Le calcul de la marge brute, et la partie qui se discute
La marge brute, c'est le chiffre d'affaires hors taxes moins le coût des produits vendus, et le taux de marge brute est ce montant divisé par le chiffre d'affaires. Un sérum vendu 42 € hors taxes qui vous coûte 13,50 € produit 28,50 € de marge brute, soit un taux de 67,9 %. La marge nette, elle, part du résultat net et répond à une autre question.
Reste à savoir ce qu'il y a dans les 13,50 €. L'Insee tranche une partie du débat dans sa définition de la marge commerciale. Le coût d'achat hors taxes des marchandises vendues comprend les achats de l'exercice et les frais annexes liés à l'achat, soit les « frais de douane, coût du transport, emballage, assurance », corrigés de la variation de stock.
Pour une marchandise revendue en l'état, le transport entrant et les droits de douane entrent donc dans la base de coûts par définition. Pour un produit que vous faites fabriquer, le raisonnement est le même, puisque ce sont des frais engagés pour mettre l'unité en stock et non des frais de vente.
Beaucoup de tableaux de bord s'arrêtent pourtant au prix du façonnier. Sur notre sérum, un euro de fret et de douane par unité fait tomber le taux de marge brute de 67,9 % à 65,5 %, soit 2,4 points d'écart.
Achat-revente et fabrication n'ont pas la même base de coûts
Si vous achetez des produits finis pour les revendre, votre base de coûts est le coût d'achat, frais annexes compris. C'est le cas du distributeur, et d'une marque qui revend un produit catalogue en marque blanche.
Quand vous faites fabriquer, votre base de coûts devient un coût de production. Il additionne la formule facturée par le laboratoire cosmétique et le packaging, primaire comme secondaire. Puis le remplissage, le transport entrant, les droits de douane s'il y en a, et la casse que vous constatez à réception.
Les minimums de commande ne gonflent pas ce coût unitaire, puisque les unités qui dorment en stock n'entrent pas dans le coût des produits vendus. Ils immobilisent de la trésorerie et vous enferment dans un prix négocié il y a dix-huit mois. C'est un problème de cash et de calendrier.
Ces deux bases ne sont pas comparables, et c'est déjà une raison de se méfier des fourchettes de marge brute qui circulent.
Ce qui entre dans la base de coûts, poste par poste
| Poste | Dans la base de coûts | Votre chiffre |
|---|---|---|
| Formule du façonnier | Oui | |
| Packaging primaire et secondaire | Oui | |
| Remplissage et conditionnement | Oui | |
| Fret entrant et douane | Oui | |
| Casse à réception | Oui | |
| Produits offerts, envois presse | Non, coût d'acquisition | |
| Frais de port sortants | Au choix, convention à geler | |
| Frais de paiement | Le plus souvent non | |
| Commissions et ventes affiliées | Non, coût d'acquisition |
Quatre de ces postes changent le résultat et sont souvent mal rangés.
- Les produits offerts. Les cadeaux, les envois presse et les panels de testeuses sortent du stock sans chiffre d'affaires en face. Laissés dans le coût des produits vendus, ils font absorber une dépense de marketing à votre marge brute, donc mieux vaut les compter comme un coût d'acquisition.
- Les frais de port sortants. Si vous voulez une marge brute par commande, mettez-les dans la base de coûts ; si vous pilotez une marge par produit, laissez-les en dessous de la ligne. Les deux conventions se défendent, à condition de ne jamais en changer en cours d'année.
- Les frais de paiement. Un pourcentage de la transaction, plus quelques centimes fixes par commande. Le pourcentage pèse pareil sur tous les paniers, tandis que la part fixe mange un point de plus sur les petits, anecdotique sur notre sérum à 42 €, sensible sur un format voyage à 12 €.
- Les commissions versées aux ambassadrices et sur les ventes affiliées. Le poste le plus discuté, parce qu'il ressemble à un coût variable de vente sans relever de la fabrication.
Le cas des commissions d'ambassadrices
Sur les commissions, nous préférons les sortir de la base et les suivre comme un coût d'acquisition variable, puisqu'une commission se renégocie ou se coupe alors qu'un coût de formule est acquis dès que le lot part en production.
Sur Kayba, la plateforme tout-en-un d'activation des prescripteurs de marque, les ventes sont tracées par ambassadrice et les commissions gérées par la plateforme, donc vous les lisez à côté de la marge brute produit et non dedans. Vous ne payez qu'au résultat. Voir les tarifs
Reste le sérum, avec la commission par-dessus. 14,50 € de coût de production, fret et douane compris, plus 4,20 € de commission à 10 % du prix de vente : le coût des produits vendus monte à 18,70 €, la marge brute tombe à 23,30 € et le taux à 55,5 %. Dix points de moins que les 65,5 % calculés plus haut, sur le même produit au même prix.
Le taux à viser
Les fourchettes de taux par secteur circulent beaucoup, et on ne sait presque jamais sur quel périmètre elles ont été calculées. Certaines ne portent même pas sur le même indicateur. Quand l'Insee parle de taux de marge, il désigne le rapport de l'excédent brut d'exploitation à la valeur ajoutée, un ratio calculé bien plus bas dans le compte de résultat que notre marge brute. Comparer cette moyenne au taux de marge brute de votre sérum n'a donc pas de sens, les deux indicateurs ne partageant que leur nom.
Une comparaison interne vous apprendra plus. Suivez votre taux par référence sur quatre trimestres, à convention constante, et regardez ce qui bouge quand le packaging change de fournisseur ou quand le fret remonte. Sur une référence qui fait 40 % de votre chiffre d'affaires, trois points d'écart méritent qu'on aille voir d'où ils viennent.
Ce que la marge brute change dans le reste de vos calculs
La marge brute est une donnée d'entrée avant d'être un résultat. Elle alimente le calcul de la valeur vie client, qui détermine à son tour le délai de remboursement de votre coût d'acquisition. Cinq points d'erreur sur le taux faussent donc aussi ce délai, et le budget publicitaire que vous vous autorisez à partir de lui.
C'est aussi ce chiffre qui vous dit quels produits peuvent porter la commission d'un programme d'ambassadrices. Si vous en êtes aux premiers arbitrages, notre guide pour créer sa marque de cosmétique reprend l'enchaînement, du choix du façonnier au premier canal de vente.
Fixez votre convention par écrit, trois lignes à côté du tableau suffisent, pour que vos chiffres de 2027 restent comparables à ceux de 2026.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre la marge commerciale et la marge brute ? La marge commerciale est la notion normée par l'Insee : ventes de marchandises hors taxes moins coût d'achat hors taxes des marchandises vendues, frais annexes et variation de stock compris. La marge brute est l'indicateur de gestion construit par-dessus, et son périmètre varie d'une société à l'autre. Chez un distributeur, les deux se confondent presque, alors qu'une marque qui fait fabriquer calcule sa marge brute sur un coût de production. Si ce périmètre a un effet sur vos états financiers, validez-le avec votre expert-comptable.
Comment calculer la marge de production ? Vous partez du chiffre d'affaires hors taxes et vous retranchez le coût de production des unités vendues : formule, packaging, remplissage, transport entrant, droits de douane et casse à réception. Les charges qui ne servent pas à mettre l'unité en stock restent dehors, publicité et commissions comprises. Comme pour l'achat-revente, le calcul se corrige de la variation de stock, donc les unités fabriquées et non vendues n'y entrent pas.
Quel est le bon taux de marge pour une entreprise ? Il n'y a pas de bon taux universel, et les fourchettes sectorielles sont rarement comparables. Le test praticable est celui de la couverture. Votre marge brute doit financer l'acquisition, la logistique, la structure et les salaires, et laisser un résultat derrière. Une marque qui vend en direct avec une acquisition payante chère a besoin d'un taux nettement plus élevé qu'un grossiste.
Pour voir ce qu'un programme d'ambassadrices donne sur vos marges produit, créez votre compte marque.
